ActualitéSoudan
Malnutrition - Situation critique à Akuem
Mis en ligne le 19 juillet 2005
4% de malnutrition sévère, 26 % de malnutrition globale*, 60 à 70 nouvelles admissions par jour dans notre centre nutritionnel supplémentaire, 40 à 50 par semaine dans le centre thérapeutique. Ces chiffres révélent une situation nutritionnelle particulièrement critique liée à la période de soudure, à Akuem dans le comté d'Aweil East, Bahr El Ghazal.
Lire notre communiqué de presse du 19 juillet
Lire notre communiqué de presse du 19 juillet
La situation nutritionnelle est chroniquement précaire pour les populations du Bahr El Ghazal pendant la période de soudure. "En année normale, dès les mois de janvier-février, les stocks de sorgho, la culture principale dans cette zone, commencent déjà à se raréfier et la population dépend largement de la nourriture sauvage, de la pêche, puis du lait de vache ou de chèvre, ainsi que des cultures secondaires accessibles (maïs, gombo, sésame) qui ne sont récoltées que fin juillet, explique Claire Magone, chef de mission au sud du Soudan. Entre l'épuisement des stocks et les récoltes suivantes, la période de soudure est donc un moment de précarité, notamment les mois de juin et juillet". A cette vulnérabilité alimentaire chronique s'ajoutent d'autres facteurs de risques nutritionnels : un accès à l'eau et aux soins insuffisants, des conditions d'hygiène inadéquates et des pratiques de sevrage inadaptées.
![]() |
Yiditin, Upper Nile, Sud Soudan
© Tomas Van Houtryve
|
» La goutte d’eau
Il suffit d'un facteur aggravant pour que cette relative précarité se transforme en situation critique. L'année dernière, les faibles pluies et la sécheresse qui a suivi ont entraîné de mauvaises récoltes et une disponibilité en poisson et en produits naturels plus faible que les années précédentes. Cette sécheresse agit comme un cercle vicieux, diminuant également les ressources en pâturage pour les animaux. De plus, à la faveur de la signature du processus de paix entre le Nord et le Sud, en janvier de cette année, les déplacés qui avaient fui le Bahr el Ghazal en guerre pour se réfugier au nord commencent à revenir chez eux. Ces "returnees" se réinstallent à proximité de leurs familles. Sur les trois premiers mois de l'année 2005, 87.000 personnes seraient revenues dans l'ensemble du Bahr el Gazal et 25.000 sur le comté d'Aweil East. Ainsi, la plus faible quantité de nourriture doit être aujourd'hui partagée entre un nombre plus important de personnes.
|
A Akuem et ailleurs
Cette année, plusieurs zones du Bahr El Gazal sont touchées. Ainsi, dans le comté de Tonj, où travaille MSF Suisse, les taux de malnutrition sont également élevés, soit 2,8 % de malnutrition sévère et 21 % de malnutrition globale.
|
|
» 4% de malnutrition sévère
Notre centre nutritionnel a donc vu ses admissions augmenter notablement ces dernières semaines.
Fin juin, 232 enfants étaient pris en charge dans le centre thérapeutique. La grande majorité étaient hospitalisés. Les autres étaient suivis en ambulatoire: ils restent à domicile, mais viennent au centre une fois par semaine pour un suivi médical et pour recevoir leur ration hebdomadaire d'aliments thérapeutiques ainsi qu'une ration familiale de nourriture.
Par ailleurs, 600 enfants souffrant de malnutrition modérée ont déjà été admis dans notre centre nutritionnel supplémentaire.
Une enquête nutritionnelle, réalisée par Epicentre entre le 18 et le 22 juin, fait état d'une situation critique. Dans les quatre districts où l'enquête nutritionnelle a été effectuée, la population totale est estimée à plus de 200.000 personnes. Nos équipes s'attendent à devoir prendre en charge jusqu'à 1.000 enfants sévèrement malnutris et 7.000 modérément malnutris.
Fin juin, 232 enfants étaient pris en charge dans le centre thérapeutique. La grande majorité étaient hospitalisés. Les autres étaient suivis en ambulatoire: ils restent à domicile, mais viennent au centre une fois par semaine pour un suivi médical et pour recevoir leur ration hebdomadaire d'aliments thérapeutiques ainsi qu'une ration familiale de nourriture.
Par ailleurs, 600 enfants souffrant de malnutrition modérée ont déjà été admis dans notre centre nutritionnel supplémentaire.
Une enquête nutritionnelle, réalisée par Epicentre entre le 18 et le 22 juin, fait état d'une situation critique. Dans les quatre districts où l'enquête nutritionnelle a été effectuée, la population totale est estimée à plus de 200.000 personnes. Nos équipes s'attendent à devoir prendre en charge jusqu'à 1.000 enfants sévèrement malnutris et 7.000 modérément malnutris.
» Renforcement en cours
Une opération de "blanket feeding" est donc prévue, soit la distribution de 60.000 rations alimentaires familiales, afin de prévenir la malnutrition modérée et d'empêcher que les enfants basculent dans la malnutrition sévère. "Cela permet aussi de couvrir plus d'enfants que ne le permettraient les centres de nutrition supplémentaires, ajoute Pauline Horrill, responsable de programme. Mais notre priorité reste le traitement des enfants sévèrement malnutris afin de réduire la mortalité." Les équipes renforcent donc la capacité de prise en charge en ambulatoire du centre nutritionnel thérapeutique.
* Enquête Epicentre sur la base du rapport poids / taille.
Une personne souffre de malnutrition aiguë modérée lorsque le rapport entre son poids et sa taille est compris entre 70 et 80% du ratio normal. Elle souffre de malnutrition aiguë sévère lorsque son rapport poids-taille est inférieur à 70% du ratio normal. La malnutrition aiguë globale recouvre malnutrition sévère et modérée.
Akuem, nouveau visage à la faveur du processus de paix
Depuis la signature des accords de paix entre le gouvernement de Karthoum et la rébellion du sud du Soudan voici 6 mois, Akuem, petit village de 3.000 à 4.000 habitants, commence à changer de visage. Le plus manifeste est l'augmentation notable de la circulation, notamment commerciale et – qui plus est – en provenance du Nord. Beaucoup de trafic s'opère ainsi en provenance de la ville d'Aweil, toute proche, mais située en zone anciennement gouvernementale et longtemps inaccessible depuis Akuem. On voit aussi beaucoup de camions venant du nord du pays, et même des bus qui transportent les returnees, les anciens déplacés qui reviennent s'installer chez eux. Le marché de la ville est un peu plus achalandé, tout comme celui de Malualkon, autre village plus à l'est, devenu la "capitale" officielle du comté Aweil East dont Akuem fait partie. On y trouve surtout des marchandises, des vêtements, du matériel de cuisine, des sandales, mais pas de nourriture autre que les produits traditionnels, arachide, maïs, sorgho, oignons, lentilles, sucre et sel et en faibles quantités. La disponibilité en nourriture, dans cette région où la situation nutritionnelle est chroniquement précaire, reste toujours aussi faible.
Une personne souffre de malnutrition aiguë modérée lorsque le rapport entre son poids et sa taille est compris entre 70 et 80% du ratio normal. Elle souffre de malnutrition aiguë sévère lorsque son rapport poids-taille est inférieur à 70% du ratio normal. La malnutrition aiguë globale recouvre malnutrition sévère et modérée.
Akuem, nouveau visage à la faveur du processus de paix
Depuis la signature des accords de paix entre le gouvernement de Karthoum et la rébellion du sud du Soudan voici 6 mois, Akuem, petit village de 3.000 à 4.000 habitants, commence à changer de visage. Le plus manifeste est l'augmentation notable de la circulation, notamment commerciale et – qui plus est – en provenance du Nord. Beaucoup de trafic s'opère ainsi en provenance de la ville d'Aweil, toute proche, mais située en zone anciennement gouvernementale et longtemps inaccessible depuis Akuem. On voit aussi beaucoup de camions venant du nord du pays, et même des bus qui transportent les returnees, les anciens déplacés qui reviennent s'installer chez eux. Le marché de la ville est un peu plus achalandé, tout comme celui de Malualkon, autre village plus à l'est, devenu la "capitale" officielle du comté Aweil East dont Akuem fait partie. On y trouve surtout des marchandises, des vêtements, du matériel de cuisine, des sandales, mais pas de nourriture autre que les produits traditionnels, arachide, maïs, sorgho, oignons, lentilles, sucre et sel et en faibles quantités. La disponibilité en nourriture, dans cette région où la situation nutritionnelle est chroniquement précaire, reste toujours aussi faible.




Flux RSS
MSF, 8 rue Saint Sabin, 75011 Paris - Tel : +33 (0)1 40 21 29 29