ActualitéMédicaments et G8
Au sommet d'Evian, le G8 a proposé un plan "d'inaction" sur la santé...
Mis en ligne le 9 juin 2003
L'accès aux médicaments pour les pays en développement devait être un des points phares débattu lors du dernier sommet des Chefs d'Etats membre du G8. La résolution finale montre pourtant que rien n'a été fait pour favoriser cet accès.
Bien au contraire, le "Plan d'action sur la santé" présenté par les Etats membres continue de privilégier les seuls intérêts politiques et commerciaux des pays les plus riches du monde.
En marge du G8, MSF a poursuivi sa campagne d'information et de sensibilisation sur les enjeux de l'accès aux médicaments autour de plusieurs événement et notamment "La vie suspendue" qui symbolise l'urgence de la situation : chaque jour, 19.000 personnes meurent d'une maladie infectieuse faute d'avoir accès aux médicaments qui pourrait les soigner.
Bien au contraire, le "Plan d'action sur la santé" présenté par les Etats membres continue de privilégier les seuls intérêts politiques et commerciaux des pays les plus riches du monde.
En marge du G8, MSF a poursuivi sa campagne d'information et de sensibilisation sur les enjeux de l'accès aux médicaments autour de plusieurs événement et notamment "La vie suspendue" qui symbolise l'urgence de la situation : chaque jour, 19.000 personnes meurent d'une maladie infectieuse faute d'avoir accès aux médicaments qui pourrait les soigner.
» Un plan "d'inaction" sur la santé
A l'issue du sommet du G8 à Evian, le 3 juin dernier, Médecins Sans Frontières a dénoncé le Plan d'Action sur la Santé publié par le G8. Pour MSF, ce "plan d'inaction" ne répond qu'aux seuls intérêts politiques et commerciaux des Etats membres du G8 au lieu de proposer des mesures concrètes pour favoriser largement un accès aux médicaments pour les malades des pays en développement.
Pourtant, le premier Plan d'action rédigé par la France en début d'année comprenait un certain nombre de mesures qui auraient permis de contribuer à un approvisionnement pérenne de médicaments abordables, notamment , grâce à l'application de la déclaration de Doha de l'Organisation Mondiale du Commerce sur les accords Adpic (accords sur la propriété intellectuelle et la santé publique de novembre 2001). Ce projet aurait permis d'accroître la disponibilité de médicaments sous brevet à prix différenciés, de stimuler la production locale et le transfert de technologie, et enfin de mettre en place un système de financement durable pour le Fonds global contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Des recommandations ultérieures visaient à combler le déficit de Recherche et Développement pour les maladies négligées.
Pourtant, le premier Plan d'action rédigé par la France en début d'année comprenait un certain nombre de mesures qui auraient permis de contribuer à un approvisionnement pérenne de médicaments abordables, notamment , grâce à l'application de la déclaration de Doha de l'Organisation Mondiale du Commerce sur les accords Adpic (accords sur la propriété intellectuelle et la santé publique de novembre 2001). Ce projet aurait permis d'accroître la disponibilité de médicaments sous brevet à prix différenciés, de stimuler la production locale et le transfert de technologie, et enfin de mettre en place un système de financement durable pour le Fonds global contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Des recommandations ultérieures visaient à combler le déficit de Recherche et Développement pour les maladies négligées.
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Bernard Pécoul, directeur de la Campagne pour l'accès aux médicaments essentiels de MSF
"Les Etats membres du G8 ont délibérément bloqué l'accès à des médicaments à des prix abordables au cours de négociations commerciales."
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Mais la résolution finale ne comprend aucune de ces mesures et trahit de fait les promesses de la déclaration de Doha qui visait à répondre aux besoins de santé publique. "Jacques Chirac a sacrifié le droit de millions de malades de disposer des médicaments dont ils ont besoin pour survivre. Il a abandonné ses engagements, largement médiatisés, en faveur de l'amélioration de l'accès à des médicaments qui pourraient sauver des vies, et l'ensemble des autres Etats membres lui ont emboîté le pas " a déclaré le Dr Jean-Hervé Bradol, président de la section française de Médecins Sans Frontières à l'issue de ce G8.
Ce G8 a également été l'occasion d'effets d'annonce, comme la déclaration faite par la France de tripler sa contribution au Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour se monter à 150 millions d'euros par an à partir de 2004. Mais, sans un accord précis sur l'utilisation de ces sommes ? c'est-à-dire sur l'application large de la déclaration de Doha ? les pays qui ont besoin d'acheter des médicaments restent contraints d'acheter ceux produits par les grands laboratoires pharmaceutiques et ne peuvent facilement disposer des génériques dont le coût est nettement moins élevé.
En effet, un pays qui a besoin d'acheter des médicaments sous brevet produits par les grands laboratoires pharmaceutiques privés devra dépenser plus de 1500 dollars US par patient et par an pour un traitement de base contre le sida. Les médicaments génériques équivalents sont pourtant disponibles pour un montant de 350 dollars US par patient et par an. En d'autres termes, avec le même montant, ce sont 5 fois moins de patients qui peuvent être soignés.
Reste que le fonds global, aujourd'hui, ne dispose toujours pas des sommes nécessaires pour financer les projets qui lui ont été soumis : il manque toujours 1,4 milliard de dollars au Fonds pour 2003 et, fin 2004, ce sont 4,7 milliards de dollars qui seront nécessaires.
La crainte de Médecins Sans Frontières avant de début de ce G8 était que, une fois de plus, les promesses ou les engagements des Etats membres ne soient pas tenus. Lors du G8 d'Evian, c'est la santé et la possibilité pour les malades des pays pauvres d'avoir accès à des médicaments pour les soigner qui, à nouveau, ont été sacrifiés. Aujourd'hui encore, à cause de ce manque d'accès aux médicaments, 19 000 personnes sont mortes de maladies infectieuses. D'ici le prochain G8, l'année prochaine aux Etats Unies, ce sont 14 millions de personnes qui vont mourir faute de médicaments.
Ce G8 a également été l'occasion d'effets d'annonce, comme la déclaration faite par la France de tripler sa contribution au Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour se monter à 150 millions d'euros par an à partir de 2004. Mais, sans un accord précis sur l'utilisation de ces sommes ? c'est-à-dire sur l'application large de la déclaration de Doha ? les pays qui ont besoin d'acheter des médicaments restent contraints d'acheter ceux produits par les grands laboratoires pharmaceutiques et ne peuvent facilement disposer des génériques dont le coût est nettement moins élevé.
En effet, un pays qui a besoin d'acheter des médicaments sous brevet produits par les grands laboratoires pharmaceutiques privés devra dépenser plus de 1500 dollars US par patient et par an pour un traitement de base contre le sida. Les médicaments génériques équivalents sont pourtant disponibles pour un montant de 350 dollars US par patient et par an. En d'autres termes, avec le même montant, ce sont 5 fois moins de patients qui peuvent être soignés.
Reste que le fonds global, aujourd'hui, ne dispose toujours pas des sommes nécessaires pour financer les projets qui lui ont été soumis : il manque toujours 1,4 milliard de dollars au Fonds pour 2003 et, fin 2004, ce sont 4,7 milliards de dollars qui seront nécessaires.
La crainte de Médecins Sans Frontières avant de début de ce G8 était que, une fois de plus, les promesses ou les engagements des Etats membres ne soient pas tenus. Lors du G8 d'Evian, c'est la santé et la possibilité pour les malades des pays pauvres d'avoir accès à des médicaments pour les soigner qui, à nouveau, ont été sacrifiés. Aujourd'hui encore, à cause de ce manque d'accès aux médicaments, 19 000 personnes sont mortes de maladies infectieuses. D'ici le prochain G8, l'année prochaine aux Etats Unies, ce sont 14 millions de personnes qui vont mourir faute de médicaments.
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La vie suspendue
Toutes les 30 secondes, 6 personnes meurent dans le monde d'une maladie infectieuse ou parasitaire. Pouvons nous accepter cela ?
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Les équipes de Médecins Sans Frontières ont voulu symboliser l'urgence de la situation à travers l'événementiel " La Vie Suspendue ".
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Toutes les 30 secondes, un volontaire de MSF a tenté d'attraper une gélule géante depuis le sommet d'une structure de 6 m de haut,. Bien évidemment, il n'y arrivait jamais et chutait dans le vide...
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Le prix des médicaments essentiels pour les pays en développement
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Les négociations de l'OMC
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