ActualitéSoudan / Darfour
Maintenir une assistance de qualité, faire face aux urgences
Mis en ligne le 15 février 2006
Les violences de masse qui sévissaient au Darfour en 2003 et 2004 ont laissé place à une instabilité chronique, émaillée de résurgences d'affrontements. Les conséquences de cette situation pèsent sur toute la population de la région. Le point avec Pauline Horrill, médecin, responsable de nos programmes pour le Soudan, et Fabrice Weissman, notre chef de mission au Darfour.
Lire l'interview complète du docteur Pauline Horrill et de Fabrice Weissman
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La campagne de violences de masse, qui a sévi au Darfour en 2003 et 2004, a désormais cessé. Elle a laissé place à une situation d'instabilité chronique, émaillée d'épisodes violents. Pour les deux millions de personnes toujours installées dans les camps de déplacés, la situation médicale et nutritionnelle est toujours fragile. Et surtout, leur dépendance à l'égard de l'assistance humanitaire reste totale, leurs conditions de vie précaires et quasi carcérales, l'insécurité hors des camps ne diminue pas et les perspectives de changement semblent inexistantes. Dans les zones contrôlées par la rébellion, l'encerclement par l'armée et les milices restreint la possibilité pour les civils de s'approvisionner et d'aller se faire soigner. Quant aux zones intermédiaires où vivent les nomades, le conflit y perturbe les routes de migration habituelle, ce qui accroît les tensions entre certains clans, jusqu'à provoquer des affrontements sanglants et des déplacements de population.
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Instabilité chronique, résurgences de violences
Un homme blessé à la tête à l'hopital d'El Geneina.
© Erik Refner |
» Opérations d'envergure, réactivité indispensable
Nos projets visent à porter assistance à l'ensemble de la population victime, avec un engagement humain et financier important. L'ampleur des besoins explique que nous maintenions des opérations d'envergure, avec un budget prévisionnel pour 2006 (3,8 millions d'euros) en augmentation par rapport à l'année dernière. Aujourd'hui, nous atteignons la limite de nos capacités opérationnelles. Nous n'avons pas mis en place des activités de soins psychologiques, alors que tout indique que les gens sont profondément traumatisés par ce qu'ils ont vécu en 2004. La difficulté supplémentaire est que nous devons impérativement garder une marge de manoeuvre, pour rester réactifs face aux urgences qui se présentent. Ainsi, récemment, nous avons renforcé notre implication à l'hôpital de Zalingei pour pouvoir soigner les personnes blessées lors des résurgences de violences fréquentes. Et nous devons aussi nous tenir prêts à faire face à des épidémies - puisque le Darfour reste une région à très fort potentiel épidémique (fièvre jaune, méningite, paludisme).
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